J’ai trouvé un document aux Archives nationales qui m’intéresse particulièrement pour mon ancêtre Louis Pierre Mamy. Ce document le donne né à Paris, âgé de 33 ans. C’est une demande et autorisation de résidence entre l’an IV et l’an XI.

Source : AN de France

Ce sera une recherche d’importance à mener lors de mon prochain passage aux AN !

Un Christophe Mamy né à Lyon, âgé de 36 ans fait également cette demande. Ce n’est autre qu’un des neveux des 3 frères présentés à la lettre C du ChallengeAZ !


Bonne nouvelle j’ai pu aller consulter l’acte !

Que m’apprend-il ? Beaucoup de choses bien sûr ! Cela se présente dans une petite chemise contenant 5 documents qui se présentent ainsi :

  1. Une notice manuscrite du 22 Brumaire an X qui indique qu’il demande une résidence, il a pour ce faire déposé un passeport, a justifié de sa moralité et de son état de cocher de fiacre et on lui demande de justifier de son domicile antérieur. Il a alors 36 ans et demeure Quai les Ormes n°8. La résidence lui a été accordée selon une mention ajoutée.
  2. Un formulaire officiel du bureau des renseignements lui demandant un certificat en règle qui constate son domicile antérieur.
  3. Une lettre manuscrite du 4 Brumaire an X indiquant que le Citoyen Mamy Louis Pierre cocher de place domicilié Quai des Ormes n°8 division de l’Arsenal, comme n’ayant point de Carte vu que la permission de la préfecture est à son échéance prie le Citoyen préfet d’avoir la bonté de lui en faire procurer une afin d’exercer son état de cocher qu’il professe depuis 16 ans.
  4. Une attestation du 5 Brumaire an X faite par devant le maire et adjoint du neuvième arrondissement dans laquelle les citoyens Pierre Richomme marchand grainier et Antoine Germain Chalier certifient connaitre parfaitement le citoyen Mamy Louis Pierre qui demeure à Paris Quai des Ormes n°8 depuis environ 3 ans et demi, division de l’Arsenal. Ils le reconnaissent pour “un homme de probité, de bonnes mœurs, d’un caractère doux et paisible, sincèrement attaché au gouvernement présent et à la constitution de l’an huit, dont les moyens d’existence à Paris sont son état de cocher sur place“. Ils “assurent que cet état suffit à ce citoyen, qu’il ne manque point d’occupation à cause de sa probité, de son honnêteté et de son assiduité à ses devoirs“.
  5. Le passeport déposé qui est un duplicata. Il est daté du 4 Ventôse an VII. À cette date, Louis Pierre Mamy était déjà cocher de place et logeait chez le Citoyen Paul au 2 rue des Barres division du 9e arrondissement. Ce document apporte sa description physique et sa signature aussi présente sur les documents 1 et 3. On apprend au dos du document 5 que le passeport avait été prolongé pour 3 mois le 18 Vendémiaire an X.

Voilà sa description physique :

  • 1 m 68,
  • cheveux et sourcils châtains,
  • visage ovale coloré,
  • front dégagé,
  • yeux bruns,
  • nez ordinaire,
  • bouche moyenne,
  • menton rond.

Il habitait ici et là en l’an VII et en l’an X :

Plan de Paris, levé et dessiné par Louis Bretez, gravé par Claude Lucas. Paris (1739)

Il était donc bien cocher et plus précisément cocher de place. Quelle est donc la nuance ?

Dans le Tableau de Paris pour l’année 1759,  il est fait la distinction entre :

  • les carrosses de remise : ils se prennent sous la remise et se louent à la demi-journée, journée, à la quinzaine, au mois ou l’année ;
  • les carrosses de place ou fiacre : ils se trouvent sur la place de tous les quartiers de Paris, se prennent à l’heure ou à la course, ne peuvent être forcés à sortir de Paris ;
  • les chaises à porteurs : elles se prennent à l’heure, à la demi-journée ou à la journée ;
  • les chaises roulantes ou brouettes : elles se prennent à l’heure, à la demi-journée ou à la journée.

Les trois dernières catégories portent des numéros permettant de retrouver un objet perdu ou de se plaindre du cocher ou des porteurs.

Dans l’Almanach Du Voyageur A Paris de 1783, des précisions tarifaires sont aussi données pour les carrosses de remises et cabriolets puis pour les carrosses de place ou fiacres. Il est précisé que ces derniers conviennent pour faire une course. Le bureau des voitures de place se trouve rue du Faubourg Saint-Denis et c’est là qu’il faut s’adresser si l’on a une plainte. Celui de 1787 redit la même chose.

Dans le Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle, canonique et bénéficiale – Volume 17, Par Joseph-Nicolas Guyot · 1785 il y a le détail des lettres patentes de 1779 qui régissent les carrosses de place et autres voitures. La taille, la conception des carrosses est détaillée, tout comme les lieux où les cochers doivent garer leur carrosse en attente de course. Ils peuvent se faire payer d’avance selon les tarifs en vigueur. Les cochers ne peuvent confier leur carrosse à un autre cocher. Pour être cocher il faut avoir 18 à 20 ans, avoir la force et l’expérience requises. Les cochers peuvent avoir une permission pour montrer le métier à un autre cocher. Les numéros des carrosses doivent être visibles dans le haut du derrière et au milieu des panneaux des côtés à la peinture jaune et sur une plaque de fer blanc sur le haut du devant. Ces numéros sont donnés au bureau général de la régie des voitures. Ce sont les ancêtre de nos taxis ! Les cochers doivent vérifier leur carrosse après chaque course.

Tous les cochers en emploi ou non doivent aller se faire inscrire au bureau dans les 3 jours suivant cette ordonnance et fournir leur nom, surnom, âge, lieu de naissance, demeure, nom du maitre ou du dernier maitre. Chaque cocher recevra gratuitement un livret contenant son signalement où seront inscrits ses emplois successifs avec ses numéros de carrosses et ses domiciles successifs. Un cocher doit avertir 8 jours à l’avance le maitre qu’il quitte. Tout est aussi inscrit dans un registre au bureau général où chaque inscription dans le livret est certifiée. Le bureau général peut aussi faire office de placement des cochers en mettant en relation les maitres et les cochers. Un cocher pouvant être malade, ouf, un autre peut prendre sa place avec inscription du remplacement dans son livret.

Louis Pierre MAMY ressemblait-il à cela ?

Cocher de place (Source: Musée Carnavalet)

Non je le vois plus fringuant comme celui-ci !

Cocher de Place, 1781, Johann Christian Brand (Source)

A-t-il appris son métier selon les critères énoncés dans cet ouvrage de 1777 du parfait cocher ?

 

La première partie traite du métier de cocher, la deuxième du choix des chevaux de voitures et la troisième des petits maux des chevaux qui peuvent être soignés par le cocher.

Un arrêté municipal du 16 avril 1792 reprend à son compte les règlements royaux précédents en mettant en place un livret et un bureau. Un règlement général sur la police des voitures de place est prévu également. On trouve des règlements dans le Recueil complet des ordonnances de police rendues depuis l’établissement de la Préfecture tomes 8-9, 10 et 11.

Louis Pierre MAMY est aussi appelé cocher de fiacre, c’est tout simplement parce que le premier loueur de carrosses, un nommé Sauvage habitait l’Hôtel Saint-Fiacre et que depuis les carrosses de louage sont aussi appelé fiacres !

Sources :

4 commentaires

  1. Bonjour, merci pour cet article. J’ai dans mes recherches croisé un postillon. Savez vous la différence entre postillon et cocher ?



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