Charles de Machard, une mort héroïque ?


Charles de Machard est mon 10e aïeul. Il vivait dans la seconde moitié du XVIe siècle.

Nous n’avons pas de portrait de lui, mais une signature et les armes de sa famille représentées sur les patentes de l’anoblissement de son grand-père en 1491.

J’ai évoqué la carrière de son père Louis Machard dans cet article >CLIC< , quant à sa mère il s’agit d’une bourguignonne Blaise d’Allyoncourt dont il est question là >CLIC<.

Il est absent du foyer de ses parents en 1561 :

Source : Gabelle du sel 1561 – A.D. de la Savoie

Sans doute est-il déjà soldat pour son souverain. Il n’a guère plus de 20 ans quand il est déjà capitaine d’une compagnie de cavalerie en 1565.

Il épouse par contrat le 21 mars 1566 noble Philiberte de La Thoy, fille et petite-fille de châtelains ducaux.

En 1571, son procureur remet dénombrement de sa seigneurie de Chassey en son nom. Mais en février 1584 il est sur place pour faire le dénombrement et nommé un procureur qui le remettra à sa place en avril car il est en charge d’une lieutenance de compagnie et capitaine au ressort et château de Bonne. On sait aussi qu’il est seigneur de Couvette en Savoie, un hameau de Fillinges.

Carte de la Savoie – A.D. Savoie

Le 4 novembre 1575 il achète la maison-forte de Chillaz à Fillinges, des frères Ramel. En 1584, son fief de Chillaz est rénové en sa faveur.

C’est là que vivront longtemps certains de ses descendants malgré une procédure en 1687 contestant la propriété de la seigneurie de Chillaz (Source : J314 aux A.D. de la Haute-Savoie).

En 1589, en tant que capitaine d’une compagnie de cavalerie, il participe au conflit opposant la Savoie à la France alliée de Genève.

Version française :

Nous sommes en 1589, le duc de Savoie a vilainement conquis le Marquisat de Saluces. Face à cette usurpation la France soutient Genève, les Grisons, les Valaizans et les Bernois pour attaquer le duc tandis qu’elle s’en occupe du côté du Dauphiné.

Les Genevois attaquent à partir d’avril et prennent Monthoux, Bonne, Ternier, l’Abbaye de Peillonnex, Saint-Jeoire, le château du baron d’Hermance, Gex. Ils échouent à La Cluse et retourne vers Genève puis prennent le château de Thonon avant d’attaquer le fort de Ripaille.

Le duc de Savoie envoie 1 200 lances, 500 carrabins et 1 500 hommes de pied qui augmentent bientôt pour arriver à 12 000 hommes de pied, 2 500 chevaux, 30 pièces d’artillerie. En face les Genevois sont sans ordre. Après avoir pris Ternier le duc de Savoie se dirige vers le Plan des Wattes avec 3 000 hommes de pied et 1 000 chevaux auxquels s’opposent 500 genevois désorganisés qui tuent des chefs de l’armée ducale. Sacconex est attaqué puis à nouveau escarmouches au Plan des Wattes. C’est maintenant le samedi 12 juillet et une troupe de lances commandée par Charles de Machard est soumise à une arquebusade du fort d’Arve. Il est tué et le combat s’accélère, mais cela ne le concerne plus…

Attaques Genevoises en bleu et savoyardes en rose.

Version de la Ligue, par Simon Goulart :

Source : Gallica

Les Genevois sont maltraités par les savoyards depuis plusieurs années, mais ils supportent leurs malheurs jusqu’à ce que la France les soutienne. Alors ils attaquent la Savoie avec l’aide d’autres cantons. Il y a force détails dans l’ouvrage !

Et la mort de Charles de Machard seigneur de Chassey y est beaucoup plus détaillée. Son cheval a été abattu sous lui avant qu’il ne soit à son tour tué :

Extrait de Mémoires de la Ligue, Tome 3

On y apprend aussi qu’il aurait tué un de ses beaux-frères…

Version de Genève :

Les Genevois fort du soutien de la France, avec 6 compagnies de cavalerie et 3 compagnies d’infanterie fondent sur le Faucigny où ils s’emparent des châteaux de Monthoux, Bonne, Saint-Jeoire et du mandement de Thiez. Puis viennent de nombreux détails complémentaires aux autres récits. Arrive avec le 12 juillet le trépas de Charles de Machard, mort par le jugement divin au lieu même de l’assassinat de son beau-frère :

Son corps est échangé le 14 contre celui d’un habitant de Genève.

Il est encore cité dans l’Histoire de Genève à lire par ici !

~~~~~~~~~~~~

Pour résumer, Charles de Machard, seigneur de Chassey commandait une troupe de lanciers quand son cheval a été abattu sous lui. Il a ensuite été tué par l’arquebusade menée depuis le fort. Son corps est emmené au fort, en chemise. Son corps est rendu à l’armée ducal le surlendemain en échange de celui d’un genevois.

Il aurait tué son beau-frère, Jean Corne, époux d’une sœur de sa femme quelques années auparavant… Il n’aurait pas été inquiété ?

Voilà dans son ensemble le théâtre des hostilités où Charles de Machard perdit la vie :

Source : Tableau représentant le petit fort d’Arve et le pays circonvoisin… – Gallica


52 ancêtres en 52 semaines – Semaine 47 : Un soldat

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *