Mulet de La Chambre

Quand on remonte sa généalogie, on rencontre toutes sortes de professions. La France d’autrefois étant très rurale, nombre de nos ancêtres étaient des laboureurs et autres professions de la terre. Mais parfois on rencontre au détour d’un registre de bien étranges professions…

C’est le cas de cet ancêtre du XVIIe siècle Pierre Bourau. Il s’est marié à une nanterroise de souche, Marie Morot (1598-1650) le 13 août 1623. L’année suivante, le 13 octobre 1624 est baptisée sa première fille Jeanne Borau (1624-1692, mon ancêtre) et il choisit pour être sa marraine, sa grand-mère maternelle, Geneviève Plateau, tandis que pour son parrain il choisit Barthelemy Coirin, capitaine des Muletz de La Chambre et Garde-Robe du Roy. Lors du baptême de son fils Leonard Borau le 21 mai 1627, il est qualifié de multier du Roy et le parrain choisi est aussi un multier du Roy, Léonard Bardon, la marraine est une bourgeoise de Paris comme les parrain et marraine de leur dernier enfant Louise Bourau baptisée le 29 juillet 1630.

Lors du mariage d’une de ses fille il est appelé en 1647 “un nommé Ripaille”, je suppose un surnom lié à sa profession. Marie Morot est inhumée à 54 ans le 15 août 1650 à Nanterre femme de Pierre Boureau dict Ripaille muletier.

Les liens avec la famille Coyrin restent étroits puisque on retrouve des membres de la famille parrain ou marraine de ses petits-enfants.

Je me suis donc intéressée et à la famille Coyrin et à cette profession insolite.


Le premier de la lignée que j’ai retrouvé est Estienne Coyrin qui lors de son décès en 1589 à Suèvres était muletier des mulets du Roi de Navarre. Son fils Barthélémy Coyrin se marie en 1595 à Suèvres près de Chambord, Blois,… Il y a 4 enfants en 1596, 1597, 1601 et 1602. Son mariage est réhabilité en 1615 pour parenté avec son épouse. Il y meurt en 1618. Il était comme son fils homonyme, capitaine des mulets et garde-robe du Roy. Barthélémy Coyrin se marie à Blois en 1627. Il était présent en 1624 à Nanterre puisqu’il y est parrain de mon ancêtre. Puis on le perd à Nanterre au profit de son frère Pierre Coyrin qui exerce le même office. Il vit dès lors à Suèvres où il est père en 1628, 1629, 1631, 1632, 1633 et 1635 avant d’y mourir en 1639. Il fut aussi Chef du Gobelet du Roy.

Pierre Coyrin est présent à Nanterre en 1626 et 1627 puis père avec Anne Rambour en 1631, 1633, 1636 et 1638 à Savigny-syr-Braye, plus au nord-ouest de Blois avant de l’être à de nombreuses reprises à Nanterre (13 fois entre 1641 et 1658). Après lui son fils, Gervais Coirin,  capitaine des mulets et garde-robe du Roy, est établi à Nanterre où il est père 14 fois entre 1667 et 1684


Capitaine des mulets et Garde-robe du Roi ? Il s’agit d’un office de la Chambre du Roi, il commande l’équipage, dont les mulets conduits par des muletiers habillés de livrée du roi, escortés par un détachement de troupes, servent à porter les lits du roi et les tapisseries de campagne, avec les coffres de la chambre et de la garde-robe.


À Nanterre, le premier mariage d’un muletier du roi est celui de Loys Castillon le 11 octobre 1616 avec Gillette Vallet, Il décède la 14 août 1639 à 65 ans et elle à 60 ans le 24 août 1648. Ensuite on rencontre de nombreuses mentions:

  • 12.11.1618 mariage d’André Beranger muletier avec Jehanne Jamet,
  • le même jour Barthélémy Riement l’un des Cent-Suisses du roi se marie aussi
  • 21.01.1620 c’est au tour de Anthoine Richer muletier d’épouser Marie Morot
  • 13.09.1627 Léonard Bardon valet des mulets du Roi épouse Marie Jamet veuve de Jehan Philesard aussi muletier
  • 13.11.1629 Jacques Gentil officier des mulets du roy provençal de nation épouse Catherine Lavoine, demi-soeur de Marie Morot précédemment citée
  • 28.10.1635 meurt Genne fille de ? maréchal des mulets
  • 14.02.1641 Charles Catignon garçon des mulets du roi est inhumé
  • 30.08.1641 une petite fille de Pierre Charpentier maréchal des mulets du roi, gendre des trois rois.
  • 26.09.1643 une petite fille au Biar… muletier de chez Mr Corin
  • 16.01.1645 Damien Durand muletier 35 ans
  • 01.09.1645 un petit garçon de Pierre Charpentier maréchal des mulets du roi
  • 15.11.1646 Jehan Flechy dit La Chambre garçon des mulets du roi 32 ans
  • 20.05.1647 Jehan Messac 76 ans ancien serviteur de Me Pierre Coyrin capitaine des mulets de la Chambre et Garde-robe du Roi
  • 29.08.1648 enfant de Jacques Messac muletier
  • 28.12.1652 Pierre Guerin 50 ans muletier

Malheureusement je ne peux consulter les actes de baptêmes entre 1615 et 1624 dans l’immédiat, ils ont été omis du microfilmage et donc de la numérisation.


C’est en réalisant ces recherches sur la famille Coyrin que j’ai retrouvé la piste de mon Pierre Bourau ! Un peu au hasard, je fais une recherche sur Généanet avec le patronyme Bourau dans le Loir-et-Cher et quelle n’est pas ma surprise de découvrir une naissance en 1595 d’un Pierre Boureau à Suèvres justement ! Pour en avoir le cœur net, je m’intéresse alors à ce Pierre et sa famille. Les Boureau sont présents à Suèvres dès le début des registres en 1578.  Pierre Boureau est le file aîné du couple Pierre Boureau et Jehanne Le Roux. Ils ont un autre fils en 1598 puis une fille en 1600. Le père décède prématurément 1601. La mère se remarie 5 ans plus tard à Noël Rousselin et en a 2 filles en 1607 et 1612 qui sont toutes deux liées à la famille Coyrin ! Perrine est la filleule de Marguerite Duboys épousée en 1595 par Barthélémy Coyrin, Marguerite est la filleule de sa fille Marie Coyrin âgée de 11 ans. Six années plus tard, Jehanne Le Roux est à nouveau veuve. La famille Coyrin protège et entraine sans doute son aîné dans la profession de muletier du Roi. Jehanne Le Roux meurt à Suèvres en 1627 après avoir marié sa fille aînée qui lui survivra peu. L’une de ses cadettes s’établira aussi à Suèvres tandis que Pierre Bourau dit Ripaille ne quittera plus Nanterre comme certains membres de la famille Coyrin.

Il s’avère après dépouillement du registre que son épouse Marie Morot avait épousé en premières noces Antoine Richer également muletier du roi le 21 janvier 1620 mais il la laissa veuve au bout de presque 3 ans et c’est alors qu’elle épousa mon ancêtre.

Les nobles Mahieu

 

 

 

 

Armes: de gueules, à trois grosses plantes d’ail, 2 et 1, et dix grains d’ail fleurissant en orle, le tout d’argent.

En remontant mon ascendance normande, comme je l’ai déjà indiqué, j’ai trouvé des branches nobles. Parmi elles, la famille de Mauconvenant m’amène vers les Mahieu. Famille difficile à remonter en vérité !

Heureusement, avant la destruction lors de la Seconde Guerre mondiale de nombreuses archives, des historiens avaient relevés certaines choses fort intéressantes.

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Des métiers de verrerie

Des métiers de verrerie

À Paris, en 1809 naît la petite Marie Jeanne Adèle Soels.

Son père, âgé de déjà 65 ans, est un belge installé à Paris depuis plus de 35 ans. Garçon tailleur d’habits, il épouse la fille de son défunt patron en 1774 et prend la suite de son beau-père. Sept ans plus tard, ils se séparent et divorcent au tout début de la Révolution, dès que cela leur est possible.

Il se remarie en l’An IV. A nouveau divorcé ou veuf, il se remarie avec Monique Blandin. Qui était-elle ? Tout reste à découvrir. Avec sa dernière épouse il a donc une fille puis deux ans plus tard un fils. Il meurt à 73 ans alors que ses enfants n’ont que 8 et 6 ans.

Marie Jeanne Adèle Soels exerce la profession d’émailleuse. Elle est mariée à 17 ans à un serrurier. De leurs sept enfants, seulement trois survivront. Le fils sera serrurier comme son père et la fille aînée, souffleuse de perle.

Mais qu’est-ce donc qu’une émailleuse ? Qu’une souffleuse de perle ? Voyons cela en détails.

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Transmission des prénoms dans une famille…

J’ai constaté que les descendants de la famille LEVEQUE utilisaient de façon récurrente certains prénoms et leurs dérivés.

Jean Baptiste Eutrope LEVEQUE et son épouse Félicité LANDRY qui s’étaient mariés en 1816, ont été les premiers à choisir comme prénoms de leurs enfants les prénoms et variantes d’Emile et Lucie.

Leur premier enfant s’appelle Narcisse Gabriel, comme l’un de ses oncles. Mais ensuite il y a :

  • Lucie Félicité
  • Emilie Lucille
  • Emile Hyacinthe

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Les Collet (suite)

(… suite)

Comme je le disais précédemment, les cotes F4040, F4041, F4042, …, aux Archives départementales du Calvados contiennent nombre de documents de la famille Collet, entre autres des preuves de noblesse. J’en ai numérisé une partie mais il faudra que j’y retourne pour compléter.

Un mémorial généalogique de 1452, une information devant les élus de Lisieux (1454 mais copie de la fin du XVIe siècle, compléments annotés en vert),… De ces documents il ressort la généalogie suivante:

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Famille Habert, du Calvados aux Ardennes en passant par …

HABERT

Voilà une famille qui m’a donné du mal, une véritable enquête que j’ai menée comme un fin limier !

Je suis partie de Françoise Marie HABERT mariée à Caen en 1749, mère de 2 enfants en 1750 et 1751 puis veuve dès 1752. Son fils Jean François René RAST quitte Caen pour aller s’installer dans la Manche où il se marie en 1781 puis en 1797 et meurt en 1835.

Françoise Marie HABERT est décédée entre les 2 mariages de son fils peut-être en la paroisse de Saint-Exupère à Bayeux où elle vécut ? Je n’ai pas réussi à trouver trace de ses parents sur Caen excepté le décès de son père en 1748 et l’existence d’une sœur Anne Louise HABERT mariée à Caen en 1753 puis 1756 et décédée à Isigny-sur-Mer en 1779.

Qui étaient ses insaisissables parents ? Continuer la lecture

Un petit tour en Amérique !

Le fils d’un de mes ancêtres, Erneste Edmond Chouliac qui était graveur sur bois est parti avec sa femme en Amérique au XIXe siècle. Pour quelle raison ? Aucune idée ! D’un milieu modeste, il était né à Saint-Mandé le 17 août 1837. Ses grands-parents paternels étaient des charbonniers du Cantal installés à Paris pendant la Révolution, sa mère était percheronne.

Il est recensé avec sa femme, âgée de 22 ans, en 1870 à Elizabeth tout près de New York où ils sont peut-être arrivés quelques mois plus tôt comme tant d’autres immigrants à la recherche d’une vie meilleure…

Jenny Adèle Françoise Dézairs, son épouse, décède à Elizabeth le 31 octobre 1871. Je ne connais rien de leur vie là-bas.

Cinq ans plus tard, Erneste Edmond Chouliac rentré à Paris, se remarie avec une jeune sœur de sa défunte épouse: Joséphine Marie Julie Dezairs. Il a 38 ans et elle a 19 ans. Ils ont au moins deux enfants Jenny Elise Alphonsine qui ne vivra pas et Eugène Henri.

Les nobles d’Alioncourt au Comté de Bourgogne (4)

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Je vous présente mon point de vue sur cette ascendance d’Alioncourt après mon passage aux Archives départementales du Doubs.

Damoiselle Blaise d’Allioncourt agit avec son mari Loys Machard écuyer, Sieur de Chassey, de Bonne en Faucigny, le 23 juin 1569. Ils constituent leur procureur pour une prise de fief et dénombrement, Noble homme Symond Gregoire, maitre de forges de Vy. Continuer la lecture