J’ai donc poursuivi mes recherches sur les MAMY de France à travers une autre source que j’ai utilisée avec succès : les passeports.

C’est à Bordeaux que j’ai découvert une demande de passeport pour Saint-Domingue en 1802. Saint-Domingue ? Mais qu’est-ce donc à cette époque ?

La colonie française de Saint-Domingue, située sur la partie occidentale de l’île d’Hispaniola a été officiellement une possession française du 20 septembre 1697 (traité de Ryswick) au 1er janvier 1804, date de son indépendance sous le nom d’Haïti.

Après la découverte de l’île en 1492 par Christophe Colomb, les Espagnols exploitent l’île d’Hispaniola pour l’or qui s’y trouve. La population précolombienne, des Arawaks, va diminuer considérablement du fait de la colonisation (épidémies, réduction en esclavage).

Les gisements s’épuisent dès 1530, les colons se tournent alors vers la partie orientale de l’île, abandonnant la partie occidentale aux pirates français, anglais ou néerlandais. Les boucaniers installent des bases dans la mer des Caraïbes, dans les secteurs abandonnés par les Espagnols, comme l’île à Vache, l’île de la Tortue ou la côte nord-ouest d’Hispaniola.

Le traité de Ryswick (30 octobre 1697) entre l’Espagne et la France sécurise la situation dans la colonie. L’Espagne reconnaît la domination française sur la partie ouest de Saint-Domingue en échange de l’arrêt des raids de corsaires contre ses possessions coloniales. Louis XIV accepte en échange de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols. Cette paix permet un développement rapide des plantations de sucre, des terres étant données aux corsaires qui acceptent de cesser leurs attaques contre l’Espagne. Des cultures d’exportations sont introduites.

À partir de 1720, Saint-Domingue est le premier producteur mondial de canne à sucre. Au milieu du XVIIIe siècle, l’île exporte à elle seule autant de sucre que toutes les îles anglaises réunies et devient la principale destination des traites négrières via le commerce triangulaire. Ainsi, jusqu’en 1791, plus de 860 000 esclaves y furent importés, soit près de 45 % de la totalité des esclaves importés par la France dans ses colonies (environ 2 millions).

Avant la Révolution, les produits coloniaux de Saint-Domingue représentent un tiers des exportations françaises.

Quel est ce MAMY ayant prévu de partir à Saint-Domingue en 1802 ? Il s’agit d’une femme, Marie MAMY femme LHAVY. Elle est native de Lyon. Elle a 25 ans et habite 44 rue Sainte-Catherine à Bordeaux. La demande comporte sa description physique : 1m60, cheveux et sourcils noirs, yeux châtain foncé.

https://archives.gironde.fr/archive/resultats/passeports/n:245

Elle prévoit son départ pour “affaires d’intérêt”, son mari Jean L’HAVY est négociant… Tiens je les ai déjà rencontrés à la lettre E de ce #ChallengeAZ !

Elle n’a pas forcément choisi le bon moment, c’est en pleine crise qu’elle décide de partir et 2 ans plus tard, Saint-Domingue prend son indépendance sous le nom de Haïti. Etait-elle encore là-bas ? Fait-elle partie des victimes ou bien a-t-elle fini sa vie paisiblement en France ?

Je n’ai pas découvert ce qu’elle est ensuite devenue… Son mari a une fille naturelle en 1804 à Bordeaux, quant à leur dernière fille, Claudine Marie L’HAVY, elle se marie en 1843 à Lyon avec son oncle par alliance, Philippe François FLACHERON, veuf de sa tante Marie MAMY. Sa mère est déjà décédée. Son père est mort à Bordeaux en 1820. Elle est partie dans la région d’origine de sa mère, mais quand ?

J’engrange des données sur les MAMY mais toujours rien à propos de mes MAMY parisiens…

2 commentaires

  1. Il serait en effet nécessaire de se poser des questions sur les archives laissées sur place dans la “Perle des Antilles”, comme on disait jadis, bien que les Archives Nationales conservent des documents sur cette île.


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