Calendrier de l’Avent – 15 décembre 2019

Antoine Martin Cottray né le 15 décembre 1776

C’est le premier de mes ancêtres ayant divorcé que j’ai découvert, alors évidemment je me suis interrogée…

Antoine Martin Cottray (Cotteret dans son acte de baptême) est né le 1er décembre 1776 à 5 heures du matin. Il est le fils d’autre Antoine Martin Cottray, maçon, et de Marie Anne Hiernard.

Signature du père

Ses parents sont mariés depuis le 7 février 1775. Ils ont perdu un fils mort-né le 30 septembre 1775. Un enfant venu avant terme peut-être ? En tout, ils auront 11 enfants en 20 années dont cinq meurent jeunes (mort-né, à 12 ans, 4 mois, 3 ans et 22 mois). Antoine Martin Cottray est donc l’ainé de la fratrie.

Il se marié le 7 Pluviôse An V à Pavant avec une connaissance de son village, Henriette Antoinette Lemistre. Il a 20 ans, elle en a 22. Mais exactement 2 mois et 5 jours plus tard, leur divorce est prononcé ! Comment est-ce possible de divorcer si vite et pourquoi ?

Dans l’acte de divorce il est inscrit qu’il veulent dissoudre leur mariage par consentement mutuel. Selon la loi du 20 septembre 1792, ils se sont présentés devant une assemblée de parents qui n’a pu les concilier le 10 Pluviôse. Le divorce est prononcé le 11 Germinal An V.

Les règles ont-elles été parfaitement respectées ?

Article Ier :

Le mari et la femme qui demanderont conjointement le divorce seront tenus de convoquer une assemblée de six au moins des plus proches parents, ou d’amis, à défaut de parents ; trois des parents ou amis seront choisis par le mari, les trois autres seront choisis par la femme.

L’assemblée est composée du père de l’époux, de Gervais Monnoyer et Edme Poirier du côté de l’époux et du père de l’épouse, de Bald Lemistre et Philippe François Brejon du côté de l’épouse.

Article II :

L’Assemblée sera convoquée à jour fixe et lieu convenu, avec les parents ou amis : il y aura au moins un mois d’intervalle entre le jour de la convocation et celui de l’assemblée ; l’acte de convocation sera signifié par un huissier aux parents ou amis convoques.

Alors là, il y a un souci car l’assemblée a eu lieu 3 jours après le mariage, ou alors il y a erreur sur le mois de l’assemblée…

Article V :

Un mois au moins, et six mois au plus, après la date de l’acte énoncé dans l’article précédent, les époux pourront se présenter devant l’officier public chargé de recevoir les actes de mariage, dans la municipalité où le mari a son domicile ; et, sur leur demande, cet officier sera tenu de prononcer leur divorce ; sans entrer en connaissance de cause, les parties et l’officier public se conformeront aux formes prescrites à ce sujet dans la loi sur les actes de naissance, mariage et décès.

Le délai d’un à six mois entre l’assemblée et la prononciation de la dissolution du mariage est bien respecté : 2 mois 2 jours s’il n’y a pas d’erreur sur le mois de l’assemblée, si l’assemblée a eu lieu le 10 ventôse au lieu du 10 pluviôse, le délai est respecté (1 mois 3 jours dans ce cas). Je pense donc qu’il y a erreur sur le mois de l’assemblée puisque l’officier dit qu’ils ont observé les délais requis. Ce qui donne :


La rapidité de cette séparation est impressionnante, ils ont décidé de leur divorce dans les trois jours suivant leur mariage !

Selon la loi, ils doivent attendre un an pour se remarier, ce que Henriette Antoinette Lemistre a respecté puisqu’elle se remarie 1 an 2 mois et 20 jours plus tard avec Jean-Baptiste Péricart.

Antoine Martin Cottray ne se remariera lui que 3 ans 1/2 plus tard, avec Marie Victoire Angélique Nouveau. Ils auront 13 enfants en 20 années dont l’aîné est né un mois avant leur mariage mais il a été déclaré par son père et son grand-père.

Quelle raison a pu les décider à ne pas rester mariés ? Ou quelle raison les avait décidés à s’unir ? Si vous avez des idées ? J’ai pensé à un évitement militaire dans cette période très troublée…

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