Le mariage est un contrat entre un homme et une femme qui s’engage à vivre toute leur vie ensemble.

  1. Le mariage, un sacrement
  2. Avant le mariage: les fiançailles …
  3. Le jour des noces
  4. Les secondes noces et les familles recomposées
  5. Le divorce
  6. Le concubinage et les bâtards


6. Le concubinage et les bâtards

  • Le concubinage du Moyen-Age au XIXe siècle
  • Le concubinage au XIXe siècle
  • Les filles-mères du XIXe siècle

Le concubinage du Moyen-Age au XIXe siècle

Au Moyen-Age, le concubinage est assez fréquent et concerne principalement trois types de population:

– les misérables pas assez riches pour se marier
– les bénéficiaires de charges ecclésiastiques
– les riches, mariés ou non, vivant avec une fille de condition inférieure qu’il est scandaleux d’épouser

Ces unions d’amour, du moins de la part de l’homme, donne très souvent naissance à des bâtards que le père se charge d’élever. Ils vivent dans leur famille, le père les nourrit et les établit. Leur mère n’est pas systématiquement rejetée par la communauté. A milieu du XVIe siècle, on voit encore en Savoie nombre d’enfants bâtards élevés par leur père comme le montre la gabelle du sel de Viuz-en-Sallaz de 1561. Ils sont appelés “donné”.

Nombre de feux: 216
Nombre de feux avec 1 donné (bâtard): 16
Nombre de feux avec 3 donnés (bâtards): 1
Nombre de feux avec 4 donnés (bâtards): 1

Exemple d’un foyer avec une donnée:
– Henris Brisgand et sa femme Janne avec leur fille Guilliauma et leurs quatre enfants de moins de 5 ans : Claude (f), Bernarde, Françoys et Pierre.
– Estienne Brisgand, prêtre, son cousin
– Pernette, la mère d’Estienne
– Maurise, donnée dudit Henris
– Servants: Françoys Bovier et Jehan Martin

Mais dès le XVIe siècle, dans le cadre de la Contre-Réforme qui entraîne un durcissement de l’attitude de l’Eglise vis-à-vis des mœurs, l’Eglise entreprend de faire disparaître le concubinage. Les concubins sont dénoncés en chaire et excommuniés. Ainsi au lieu d’entretenir la mère de leur bâtard et d’élever leur enfant, les pères se mettent à les chasser et nombre de ses enfants illégitimes sont abandonnés à la charité publique, quand ils ne sont pas tout bonnement étouffés secrètement par leur mère. Pour contrevenir à cette situation, sont instituées les déclarations de grossesse.

L’Edit d’Henri II de 1556 fait obligation aux “femmes ayant conçu enfant par moyens deshonnêtes” de déclarer leur grossesse afin d’éviter la condamnation pour infanticide si leur enfant vient à mourir.

Il sont malgré tout parfois élevé par leur père quand celui-ci a une bonne situation.

Estienne Mondeguerre (~1607-1679 Sosa 4960), est greffier de la seigneurie de la Pouce (1639), notaire royal du baillage et siège présidial de Chartres à Thiron (1643-1679), Sieur de La Prestière. Il est issu d’une importante famille de sa région comptant des notaires et huissiers royaux, procureurs fiscaux, baillis, greffiers, seigneurs, curés, vicaires et chapelains.

Son grand-père paternel, Estienne Mondeguerre, était procureur fiscal de Thiron.
Son grand-père maternel, Blaise Hebert, était receveur du domaine temporel de l’abbaye de Tiron.
Ses arrières-grands-parents paternels Macé Houvet, fils de Vincent, et son épouse Mathrye Chauveau étaient de riches propriétaires terriens.
Son ancêtre Collin Hodierne (père de sa trisaïeule Marine Hodierne) possédait déjà La Prestière en 1463.

Estienne Mondeguerre a donc eu un fils illégitime en 1643 Pantaléon (Sosa 2480) de Denise Buslou (fille de Pantaléon Buslou et de Jeanne Roy Sosa 9922-9923). On retrouve Pantaléon fermier de son père, témoins dans des actes concernant ses demi-frères de trente ans plus jeunes que lui, et vice-versa.
Il a donc de fort liens avec sa famille paternelle tandis qu’il n’y a plus trace dans sa vie de sa mère après sa naissance.

Quelques cas particuliers:

Marie Laugée (1745- ? Sosa 997) a un fils Félix Marie (1770-1830 Sosa 498), étonnant changement de patronyme !

Marguerite Segogne (~1656-1688 Sosa 1657-3577) a une fille, Marguerite Segogne (1688-?), née 7 ans après le veuvage de sa mère.

Marie Pauline Leramey (1857-1933 Sosa 63), est la fille de Jeanne-Marie Leramey (1817-1891 Sosa 127), veuve depuis quelques années.


Le concubinage au XIXe siècle

Si le concubinage devient une exception sous l’Ancien Régime, il connaît un véritable essor dans les villes au XIXe siècle. C’est la population ouvrière qui est concernée. En 1848, Prudhon dénonce violemment cette situation:

“Voyez, dans les grandes villes, les classes ouvrières tomber peu à peu, par l’instabilité du domicile, par la pauvreté du ménage et le manque de propriété dans le concubinage et la crapule ! Des êtres qui ne possèdent rien, qui ne tiennent à rien et vivent au jour le jour, ne se pouvant rien garantir, n’ont que faire de s’épouser: mieux vaut ne pas s’engager que de s’engager sur le néant. La classe prolétaire est donc vouée à l’infamie.”

Le concubinage est donc tout de même une situation peu recommandable. Il faut attendre la loi du 16 novembre 1912 pour qu’il apparaisse dans le Code Civil, et la recherche en paternité naturelle est alors autorisée.

Voici un exemple qui doit être représentatif de la situation des ouvriers parisiens: Les Gontier


Les filles-mères du XIXe siècle

Le portrait robot de la mère célibataire:

    • Jeune fille esseulée ouvrière ou domestique à la ville
      Louise Joséphine Gervais, couturière, née à Douai en 1805 a un fils illégitime à Paris: François Louis Gervais (1827-1875 Sosa 46 ).
    • Jeune fille domestique à la campagne, séduite par son maître
      Geneviève Berthe Emilienne Traisnel (1907-1980 Sosa 15) fille de Reine Arthémise Ernestine Traisnel (1884-1948) est la fille du fils du patron de sa mère.
    • Jeune fille déjà illégitime donc esseulée se retrouvant dans l’une des situation précédentes
      Julie Adrienne Rocard (1831-1917 Sosa 109), est la fille de Elisabeth Marie Cornélie Rocard (1793-1851) , elle aura deux fils naturels.

Qu’advient-ils des enfants conçus dans le pécher ?

    • Ils sont souvent abandonnés à l’Assistance Publique.
      Le fils illégitime de Louise Joséphine Gervais, François Louis Gervais (1827-1875 Sosa 46 ) est confié à L’Assistance Publique à sa naissance. Son nom de l’Assistance est Péraillot.
  • Parfois ils sont reconnus par celui qui épouse leur mère, véritable père biologique ou non.
    – Eugène Marcel Rahault (1891-1918) et Victor Joseph Rahault (1893-1928 Sosa 12), les deux fils de Ernestine Emilie Lévêque (1868-1953 Sosa 25) , sont reconnus à leur naissance par leur père Noël Landry Rahault (1863-1907 Sosa24) puis légitimés par le mariage de leurs parents.
    Armeline Louise Blanche Delarue (1867-1948 Sosa 29) a un premier enfant naturel Irma Celestine Armeline Delarue (1891-1930), de père non dénommé, puis un second enfant naturel José Delarue (1893-1917), de père non dénommé. Il serait le fils d’Emile Alfred Guillaume, comme l’enfant suivant, Jeanne Marie Lucie Guillaume (1897-1977), qui est reconnue à la naissance par son père. Elle ne se marie qu’à l’âge de 32 ans avec un homme déjà père de famille, Mérée Fidel Guislain Joseph Leplomb (Sosa 28). Il n’ont qu’un enfant : Fidèle Irénée Arthur Martial Leplomb (Sosa 14).
    – Les fils de Julie Adrienne Rocard (1831-1917 Sosa 109), Louis Bénédic Rocard (1855-1890 Sosa 54) et François Félix Rocard (1858- ?), sont reconnus et légitimés par leur père Hilaire Bénédic Rigot (1831-1899 Sosa 108) lors de son mariage avec leur mère en 1858.
    Jeanne Frantz (1849-?) est la fille légitimée de Jacques Frantz et Marie Belfort (Sosa 36-37), mariés en 1854.
    – La fille de Marie Joséphine Bailly (1821- ? Sosa 91), Omérine Héloïse Joseph Bailly (1844-1886 Sosa 45), prend le nom de Loire après le mariage de sa mère avec un dénommé Jean-Marie Loire.
    – Les enfants de Julie Josèphe Sellier (1797- ? Sosa 113) :  elle accouche le 30 janvier 1820 d’un garçon, enfant naturel d’elle et de Fidel Joseph Leplomb (1797-1874 Sosa 112), présent pour l’occasion, en permission, étant soldat de la légion du Pas-de-Calais. L’enfant est baptisé Amand Fidel Joseph Leplomb (Sosa 56), en présence de son grand-père maternel Celestin Sellier (1752-1824 Sosa 226). Deux ans plus tard, elle accouche le 4 février 1822 d’une fille, enfant naturelle de père non dénommé. L’enfant est baptisée Joachime Sellier; elle décède le 6 février 1822. Il paraît évident qu’elle est aussi l’enfant de Fidel Joseph Leplomb, comme son frère aîné, et les huit autres enfants qu’aura le couple après son mariage le 19 février 1824. Lors de ce mariage, aucun des deux enfants n’est mentionné. Ce qui est tout a fait normal puisque le garçon avait été reconnu à sa naissance (mais il n’est donc pas légitimé !), et que la fille, qui ne l’était pas, était malheureusement déjà décédée.
    – La fille de Maria-Helena Alen (Sosa 211), Theresia Vanderstucken (1802- ? Sosa 105) a été reconnu à sa naissance par son père Joannes-Baptista Vanderstucken (~1776-1816 Sosa 210) qui a ensuite épousé sa mère.

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