Maintenant je commence à avoir l’habitude, je sais ce qui m’arrive. Cet éblouissement étrange c’est un RDVAncestral, mon 7e pour être exacte ! J’ai ma petite idée sur ce qui m’arrive…

J’ai été éblouie par le soleil en conduisant mais c’est un éblouissement étrange tout mon être est ébloui. Je suis forcée de fermer les yeux et en les rouvrant… je me retrouve dans une ruche. Une ruche ? Façon de parler, une grande usine, bruyante : j’entends des machines, des voix, des bruits divers. Et il y a beaucoup de monde, ça va, ça vient…

Oh ! Je reconnais ce bâtiment, on dirait bien la papeterie Darblay à Essonnes. Je me souviens avoir vu ces grands bâtiments dans les année 1990, délabrés il est vrai, alors que là ils sont flambants neuf !

La papeterie Darblay ? Oh, je sais qui je vais rencontrer alors : un Guincêtre ! Je suis le mouvement et entre quand je suis interpellée par un homme qui me demande ce que je fais là. Je lui explique que je cherche Alfred Guincêtre. Il me regarde un instant puis d’un ton un peu bourru me demande ce que je lui veux.

C’est lui, j’en suis sûre mais comment lui demander ce que je voudrais savoir sans l’effrayer ? Je décide de lui parler de son métier et il ne tarit pas sur le sujet. Parmi toutes ses explications ponctuées de grands gestes vers les machines, il m’explique qu’il a commencé dans l’entreprise avec le fils Darblay à Moulin-Galant, juste à côté, à Villabé. Maintenant il est contremaitre. Quelle fierté dans son ton !

J’acquiesce régulièrement de la tête, lui montrant mon intérêt. Je profite d’une pause pour lui demander s’il a toujours fait cela. Il éclate de rire et me répond qu’il a commencé en bas de l’échelle. “Garçon meunier ma petite dame !” s’exclame-t-il. Malheureusement nous sommes alors interrompus par des ouvriers qui viennent le solliciter. D’un geste il me salue et part avec eux. Je reste là étourdie d’avoir discuté avec un ancêtre. Imaginez-vous cela ?!

À peine le temps de réaliser que je me retrouve dans ma voiture sur la route avec le coucher de soleil qui me gène pour conduire. Rentrée à la maison, je me plonge dans mon logiciel préféré à la recherche d’Alfred Victor Guincêtre. J’explore les registres, recensements, toutes les ressources en ligne qui pourraient me permettre de m’être en forme la vie de cet aïeul !


Alfred Victor Guincêtre est né à Rémalard (61) le 24 juillet 1835. Il est le dernier enfant de Jean-Pierre Guincêtre, boulanger, et d’Adélaïde Henriette Leveau. Il est recensé avec ses parents à l’âge de 10 mois ainsi que sa sœur Virginie Henriette et son frère Joseph François Victorin. En 1841, le foyer familial s’est agrandi avec un ouvrier boulanger et un apprenti. Lors de son décès, Jean-Pierre Guincêtre est indiqué propriétaire et marchand de farine. Il perd sa sœur trois ans plus tard. Elle n’a que 18 ans. Les tables de successions et absences indiquent qu’elle possédait des biens à La Madeleine, Bretoncelles et Rémalard.

Trois mois plus tard, sa mère Adélaïde Henriette Leveau se remarie avec Jean René Cordier qui est meunier à Bellou-sur-Huisne (61), ils ont une fille 9 mois plus tard. Ils y sont tous recensés en 1851, au Moulin-Neuf, un moulin à blé.

Moulin-Neuf à Bellou-sur-Huisne

Alfred Victor Guincêtre a 15 ans, il est indiqué meunier. Avec eux vivent aussi un garde-moulin et 4 domestiques. Il n’est pas recensé avec eux en 1856. il a donc quitté le foyer entre 1851 et 1856.

Lors de son mariage en 1862 à Longpont-sur-Orge (91), Alfred Victor Guincêtre est indiqué “garçon meunier” et son témoin de mariage est Auguste Ladurée meunier. Alors bien sûr la première chose que j’ai faite est d’aller voir le recensement de 1861. Alfred Victor Guincêtre n’est malheureusement pas présent à Longpont mais Auguste Ladurée y est bien puisqu’il a pris le moulin Grouteau en location pour 18 ans depuis 1854 (Source). Ce moulin jouxte le château de Lormois où demeure sa future épouse. C’est un moulin à eau, de farine à blé.

Auguste Ladurée dirige une véritable petite entreprise car outre son épouse et leur fils de 10 ans, c’est 10 employés qui sont recensés avec lui : une caissière, un garde-moulin, un blateur, deux aides, un apprenti, un charretier, un commis, un jardinier et une cuisinière.

Moulin Grouteau (dessin par C. Julien)

Alfred Victor Guincêtre a dû venir s’installer entre le recensement et son mariage le 6 septembre 1862. Il devait alors être employé d’Auguste Ladurée puisqu’il est domicilié à Longpont.

L’année suivante au moment de la naissance de sa fille Marthe chez son grand-père maternel à Longpont, Alfred Victor Guincêtre est toujours indiqué meunier mais domicilié à Arpajon. Je n’y trouve qu”un moulin le long de l’Orge encore, le moulin Cerpied.

En 1866 il est recensé au Moulin de Trévoye à Ollainville, il s’agit d’un moulin à eau très ancien où l’on ne moud que du seigle et de l’orge. Il y était déjà en septembre 1864 lors de la naissance de son fils.

En 1868 il est toujours meunier mais à Lormois, donc au Moulin Grouteau de Longpont-sur-Orge.

Au recensement de 1872 il vit avec sa famille à Moulin-Galant hameau de Villabé où se trouve une ancienne manufacture de cuivre battu, transformée après la Révolution en filature. C’est en 1870 que Paul Darblay étend ses papeteries sur le territoire de Villabé, à l’emplacement de l’ancienne filature. Bien sûr il est devenu papetier.

En 1875, la famille demeure à La Nacelle à Essonnes, Alfred Victor Guincêtre est toujours papetier.

A.D. de l’Essonne

En 1878, ils habitent toujours à La Nacelle et Alfred Victor Guincêtre est devenu contre-maitre à la papeterie. Il y travaille jusqu’à sa mort en 1888.


#RDVAncestral

Ce projet d’écriture, ouvert à tous, mêle littérature et généalogie. La règle du jeu est la suivante : Je me transporte dans son époque et je rencontre un aïeul. Le troisième samedi de chaque mois, retrouvez ainsi les belles rencontres que vous offrent les passionnés d’écriture :

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