Marie de Mainteternes est née peut-être vers 1575 à Menneval (Eure). Elle est la sœur de Louis de Mainteternes qui a été anobli en janvier 1610 par le roi Henri IV.
On peut retrouver cet acte d’anoblissement de 1610 dans le Mémorial de la Chambre des Comptes de Normandie en date du 2 décembre 1613 avec une très belle représentation du blason familial :
Il y est expliqué l’implication de Louis de Mainteternes pendant les Guerres de religion. Il a porté les armes au service du roi sous la cornette du maréchal de Fervaques, Guillaume de Hautemer, qui a été fait maréchal fin 1597. Il était au siège de Honfleur en 1594, au voyage de Cambrai, au siège d’Amiens en 1597. Il a aussi contribué au trésor royal pendant cette période pour satisfaire aux édits royaux d’anoblissement.
On y apprend qu’il est fils de Denis de Mainteternes, l’un des Cent Gentislhommes du Roi qui avait été maitre d’hôtel du Cardinal de Bourbon, oncle d’Henri IV.
Alors là je tique un peu ! De ce que je comprends, les Cent-Gentilshommes de la Maison du Roi constituaient une compagnie prestigieuse de la cour royale. Malgré leur nom, leur effectif réel pouvait varier, mais l’idée était de réunir une centaine de nobles attachés au service personnel du souverain. Oui oui j’ai bien dit nobles ! Il fallait même préférentiellement prouver une ancienneté de noblesse. Il fallait être riche car le service était coûteux (chevaux, armes, vêtements adaptés à la cour) même si la charge apportait des revenus et du prestige, il fallait pouvoir assumer certaines dépenses. N’importe quel noble ne pouvait pas postuler, il fallait bénéficier d’appuis à la cour, les recommandations jouaient un rôle important. Et évidemment la faveur royale ou celle de grands seigneurs facilitait considérablement l’admission. Comme l’indique leur nom, les candidats devaient être considérés comme des gentilshommes de bonne conduite et loyaux envers la Couronne.
Qu’était un Gentilhomme de la Maison du Roi ? Il faisait partie de la Maison militaire du Roi et avait principalement un rôle de garde d’honneur du roi. Il accompagnait le souverain avec sa compagnie lors des cérémonies, entrées solennelles et déplacements. Il était surtout un membre d’une troupe d’élite et de prestige contrairement aux gardes chargés de la protection rapprochée quotidienne. Il faisait partie du cercle prestigieux des nobles admis au service honorifique du souverain.
Alors si Louis de Mainteternes est anobli en 1610, comment se fait-il que son père était l’un des Cent-Gentilshommes de la Maison du Roi ? Il faut creuser cette affaire…
Il avait été maitre d’hôtel du Cardinal de Bourbon ? Voilà encore quelque chose d’important ! Et il faut rapprocher cela de son oncle homonyme Louis de Mainteternes et d’un certain Pierre de Mainteternes aussi de l’entourage du Cardinal de Bourbon…
Prenons la famille au commencement… Le premier membre connu et premier Mainteternes cité en France dans un quelconque service d’archives, pour ce que j’en sais aujourd’hui, est Claude de Mainteternes.
Claude de Mainteternes (ca 1475->1552)
Dans plusieurs actes notariés parisiens (dès 1533), il est clairement désigné comme sergent à cheval au Châtelet. C’est donc un officier royal de justice itinérant, chargé d’exécuter les décisions du prévôt de Paris et des juridictions royales, avec compétence dans une vaste partie de l’Île-de-France. Ce n’est pas encore une charge noble, mais c’est un office qui confère un certain statut social et qui peut servir de point de départ à une ascension familiale…
En 1542, il est honorable homme Claude de Mainteternes bourgeois de Paris et demeure Vieille rue du Temple.
Il dote sa fille Radegonde de Mainteternes le 26 septembre 1551 lors de son mariage avec Nicolas Jacquart docteur de la faculté de médecine. Celui-ci devint doyen de la faculté de médecine de Paris de 1562 à 1564 (source) puis est cité « noble homme (…) docteur régent en la faculté de médecine en l’université de Paris » (source), Primus decanatus Nicolaus Jacquart 1562 visible ici et Secundus decanatus Nicolaus Jacquart 1563 là.
En 1542, Claude de Mainteternes fait une donation à son fils Louis de Mainteternes bachelier en droit, écolier étudiant en l’université de Paris, de terres à Saint-Remy-L’Honoré (source). L’année précédente, il avait baillé à rente des terres au nom de ce fils aux Essarts-le Roi, lieudit La Tremblaie, tout près de Saint-Remy-L’Honoré (source).
À nouveau le 9 avril 1551, il donne des terres à Saint-Remy-L’Honoré cette fois-ci à son petit-fils Claude Rocque, écolier, étudiant en l’université de Paris. Puis à nouveau au même le 18 juin 1552. C’est le fils de sa fille Marie de Mainteternes et du chirurgien juré Estienne Rocque.
Il aurait été gendarme de la Compagnie du Roy et aurait été fait prisonnier à la Bataille de Saint-Laurent en 1557 et aurait racheté sa liberté par une somme assez notable d’après Gabriel du Moulin, curé de Menneval dans « Les Conquestes et les Trophées des Norman-François, aux Royaumes de Naples & de Sicile, aux Duchez de Calabre, d’Antioche, de Galilée, & autres Principautez d’Italie & d’Orient » Rouen 1648.
Louis de Mainteternes (ca 1507-1579)
Louis de Mainteternes est le fils de Claude de Mainteternes et lors de son testament du 9 août 1568, l’on apprend qu’il est âgé de 61 ans 6 mois ce qui le fait naitre vers février 1507. Le testament
est déposé chez le notaire le 11 août 1578 et il est insinué le 26 septembre 1579, ce qui est logique puisque son épitaphe, qui se trouvait contre la chapelle Saint-Jacques dans l’église Saint-Gervais de Paris, le donne décédé le 3 septembre 1579.
Dans ce testament olographe, on apprend qu’il est abbé commendataire des abbayes de Notre-Dame de Châtrice (entre-Châlons-en-Champagne et Verdun) et de Saint-Pierre-le-Vif à Sens. Il est aussi chanoine et trésorier de l’église métropolitaine de Rouen. S’il se trouve dans l’une de ses abbayes, il veut y être inhumé, s’il se trouve à Rouen il veut y être inhumé, si c’est à Menneval alors là. S’il décède dans l’abbaye de Saint-Germain des Prés ou dans une autre de Monseigneur le Cardinal de Bourbon où il pourrait se trouver pour son service, excepté celle de Saint-Ouen, il veut y être inhumé. S’il meurt dans sa maison parisienne, il veut être inhumé dans l’église de sa paroisse près de son père.
C’est cette dernière situation qui a dû se produire au vu son épitaphe en l’église de son quartier, Saint-Gervais.
Il choisit pour ses exécuteurs testamentaires son frère Denis de Mainteternes, son beau-frère, son neveu Jehan de La Rocque, conseiller et maitre des requêtes ordinaires de l’Hôtel, et l’un de ses amis non nommé. Seront effectivement présents ou représentés 11 ans plus tard :
- ledit Jehan de La Rocque, Charles de La Rocque avocat, les fils de sa défunte sœur Marie de Mainteternes et de son défunt beau-frère Estienne de La Rocque, pour eux, et leurs sœurs,
- noble homme Louis Le Mercier vicomte d’Evreux et sa femme Louise de La Rocque, Me Jehan Sergent vicomte du Pont-de-l’Arche et sa femme Magdelaine de La Rocque, René de Gennes et sa femme Anne de La Rocque,
- Jehan et Denis de La Rocque, frères.
Les actes nous apprennent que Louis de Mainteternes était secrétaire du cardinal de Vendôme puis de Bourbon, Charles de Bourbon, dès 1550 à 1575. Il a aussi été vicaire général de son archevêché dès 1568.
Il a acheté des terres à Gaillon et autour où le prélat possédait un magnifique château.
Il les a d’ailleurs cédées à sa sœur Marie de Mainteternes en mars 1563.
Conseiller intime du Cardinal de Bourbon, il prend possession en son nom de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés en 1562. Il est récompensé de ses bons services en devenant abbé de l’abbaye de Notre-Dame de Châtrice (entre-Châlons-en-Champagne et Verdun) de 1568 à 1574, de Saint-Pierre-le-Vif à Sens de 1575 à 1579.
En 1541, il était étudiant à l’Université, et l’année suivant il l’était encore mais était alors bachelier en droit. Sans doute grâce à ses relations avec le Cardinal Charles de Bourbon, il acquiert le 11 avril 1559, en Normandie, la seigneurie de Menneval d’Adrien de Bréauté, qu’il transmet par la suite à son frère Denis de Mainteternes.
Remarquons le blason représenté sur son épitaphe, c’est celui que l’on retrouvera plus tard…
Denis de Mainteternes (vers 1520-1603/1605)
Désigné comme « noble homme » dès 1567, Denis de Mainteternes épouse avant 1562 Anne de Dampierre, fille de Jacques de Dampierre, seigneur de Hennezis et sœur d’un chanoine de Rouen. C’est peut-être bien par son frère qu’ils ont été mis en relation !
En 1567, il agit pour sa fille mineure Anne de Mainteternes, sans doute alors sa seule enfant, celle dont je ne connais pas le devenir. Il a aussi été par la suite le père de Louis et de Marie de Mainteternes.
En 1567, il est sieur de Bicheraye à Menneval
, en 1568 il est sieur de Menneval
et en avril 1579, il rend foi et hommage pour la sieurie de Menneval tenue en plein fief de haubert
. En 1584, il se désigne comme « écuyer, sieur et vicomte hérédital de Menneval »
.
En 1568, il est homme d’armes de la Compagnie du Sieur de Rubempré, chevalier de l’Ordre du Roi, un membre de la famille des Bourbon.
Il semble être décédé entre 1603 et 1605. Sa veuve en secondes noces, Marguerite Thiboult décède à Bernay le 14 décembre 1630.
Louis de Mainteternes (vers 1570-?)
Fils de Denis de Mainteternes, il agit comme son héritier et celui de sa mère Anne de Dampierre en 1605
.
Comme je l’ai dit au tout début de cet article, il est anobli par Henri IV en janvier 1610 et ses lettres seront enregistrées au Parlement de Normandie le 2 décembre 1613. On y découvre ses états de service et son implication auprès du Roi dans les guerres de religion. Il est fait officiellement écuyer et des armoiries lui sont délivrées en tout point semblables à celles de son oncle
.


Il épouse Louise Pigace et en a plusieurs enfants dont deux fils André et Adrian de Mainteternes qui font souche en Normandie autour de Menneval. La branche décline rapidement. André de Mainteternes n’a pas d’enfants, Adrian de Mainteternes n’a qu’une fille et un fils André de Mainteternes qui n’a que des filles…
Marie de Mainteternes (vers 1570->1638)
Marie de Mainteternes, fille de Denis de Mainteternes et d’Anne de Dampierre, épouse Jean Le Carpentier
vers 1595 et en a au moins 5 enfants :
- Angélique Le Carpentier mariée à Samson Dupuys vers 1615
- Marguerite Le Carpentier mariée à Robert de La Houssaye avant 1623
- Pierre Le Carpentier, né en 1607, marié à Geneviève Le Bas en 1634
- Isaac Le Carpentier, marié à Catherine Michel en 1643 (c’est mon ancêtre)

- André Le Carpentier, marié à Marie Jouas avant 1643 puis à Madeleine Le Mire avant 1665
Deux autres membres de la famille : Pierre et Estienne de Mainteternes
Je ne les ai pas encore rattachés au reste de la famille… Mais ils pourraient s’agir de parents de Louis et Denis de Mainteternes…
Estienne de Mainteternes
Il est curé de Lavaré en 1586. Point. Je ne sais rien d’autre !
Pierre de Mainteternes
Il a été secrétaire ordinaire et premier secrétaire du Cardinal de Bourbon. Il est cité comme tel dès 1580. C’est donc sans nul doute un proche de son confident Louis de Mainteternes mort en 1579 ! Le cardinal de Bourbon le nomme à l’office de tabellion de la ville de Dieppe en 1580.
Il avait épousé vers 1583 Jehanne de Mauvallet avec qui il demeure paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois. En 1586, ils se font une donation entre vif alors qu’ils n’ont pas d’enfant. Il meurt avant 1597.
En 1630, sa sœur Anne de Mainteternes fait son testament et on apprend qu’il a eu une fille Marie de Mainteternes, alors décédée. Cette sœur demeure à Orléans ce qui m’a fait découvrir un certain Philippe de Mainteterne, dit Lendormy, marchand drapier à Orléans en 1528. Est-ce un parent ?
Ils ont aussi une sœur Marie de Mainteternes, qui a épousé en secondes noces Estienne Charon, et des petites-nièces qui sont présentes à Orléans, filles de Christophe Dupont, huissier à cheval au Châtelet de Paris, et de Marie Daniel. À nouveau, ce n’est peut-être pas un hasard puisque l’ancêtre Claude de Mainteternes était sergent à cheval au Châtelet…
Une piste ?
Il y a une piste à explorer, celle de la famille de Mainterne… Il pourrait s’agir d’une déformation de leur patronyme ! En effet, à plusieurs reprises, j’ai vu le patronyme de mes Mainteternes déformé en Mainterne. Ce n’est peut-être pas un hasard…






