Apanage de François d’Alençon

Après la mort de Marguerite de Navarre, le duché d’Alençon revient à la couronne et c’est la reine Catherine de Médicis qui le détient jusqu’à ce qui soit remis en apanage à son fils cadet, François d’Alençon.

François d’Alençon

En 1562, les protestants pillent et dévastent les églises, Notre-Dame, Saint-Léonard,… Ils brisent les images et s’emparent des objets liturgiques. On en trouve une description détaillée, mais sans doute exagérée, dans le chartrier du monastère de Sainte-Claire d’où les religieuses ont été chassées. Le sang n’est pas versé, finalement cela se passe mieux qu’en certaines autres villes voisines telles Sées et Mortagne.

Bouchers à la rescousse des catholiques

On comprend ainsi mieux pourquoi la procession de la Fête-Dieu est escortée par le chef catholique de la corporation des bouchers. Il est accompagné de ses collègues armés de leurs assommoirs et de leurs coutelas, suivis de leurs chiens.

Quelle étrange procession !

Illustration (source : IA)

Parmi eux sans nul doute mon ancêtre Thierry Hebert boucher d’Alençon à cette époque !

Matignon et Montgomery

L’édit de Saint-Germain de 1570 limite la pratique du culte aux possessions des seigneurs hauts-justiciers. La population protestante se met alors sous la protection de quelques familles telles que les Montgomery.

Le comte Gabriel de Montgomery fut le malencontreux régicide du roi Henri II lors d’un tournoi aux noces de sa fille et de sa sœur. Il s’est converti au protestantisme par la suite et est devenu le chef des protestants normands qui sont alors plutôt puissants et présents dans toutes les villes importantes de la province et bien sûr Alençon. Il a résisté aux assauts de l’armée royale. Gouverneur d’Alençon en 1561, il s’est interposé entre les catholiques et les protestants de la ville. En 1568 il préserve la ville des exactions de ses soldats en hommage à ses ancêtres qui détenaient autrefois la ville.

Après le massacre de la Saint-Barthélémy à Paris en 1572, Jacques de Matignon maintient l’autorité royale mais s’est se faire estimer des deux partis. Il protège les protestants évitant à la ville d’Alençon et à celle de Saint-Lô les effusions de sang connues ailleurs comme les 400 morts de Rouen.

Ce sont étonnamment – ou pas – les deux villes où j’ai des ancêtres protestants pendant tout le XVIIe siècle !

Nombre des protestants normands abjurent ou s’exilent vers d’autres régions de France, comme le Béarn, mais également vers les Pays Bas à Rotterdam, vers l’Angleterre ou jusqu’au Canada.

Cette période est tout aussi troublé à Alençon qu’ailleurs et la ville connait de nombreux revirements. Quelle vie pour mes ancêtres !

  • Le duc d’Alençon, frère du roi, venu dans sa ville est touché par le parti protestant qui redevient maitre de la ville.
  • Lorsque Matignon revient dans la ville pour arrêté Montgomery les habitants lui ouvrent les portes en souvenir de sa protection.
  • Plus tard, le duc d’Alençon quitte la Cour et se retire à Alençon suivi du roi de Navarre et de Condé. Ils forment une armée de presque 30 000 hommes. Le roi de Navarre après avoir dû abjurer à la Cour sa foi protestante et adopter le culte catholique, fait pénitence publique et redevient protestant à Alençon.
Henri roi de Navarre

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