52 ancêtres en 52 semaines : Semaine 1 – Premier

Pour ce premier challenge j’ai décidé de vous présenter la première femme à s’être intéressée à notre famille, mon arrière grand-mère Louise Joséphine De Boé. Elle était passionnée par l’Histoire des Grands de ce monde, se pensait descendante d’un “chambellan d’un roi de Belgique”…

Née dans une modeste famille d’ouvriers, Louise a eu une vie difficile. Elle est la première née de ses parents Jean François De Boé et Adèle Louise Rigot.

Jean François De Boé est né en 1873 à Lille d’immigrés belges flamands, Josephus De Boe et Catharina Smits. Son père a été serviteur, aubergiste, journalier, chauffeur à la compagnie du gaz. Sa mère fut femme de chambre avant d’être simplement ménagère. Il est leur 3e enfant en 3 ans. Ses aînés sont nés à Anvers.  6 autres enfants naitrons à Levallois-Perret dont seule la dernière vivra. Comme je ne sais pas où ils vivaient entre 1873 et 1878, il se peut qu’ils aient eu d’autres enfants n’ayant pas survécu. Jean François est emballeur.

emballeur

Il épouse à 23 ans à Levallois-Perret, où il a grandi, Adèle Louise Rigot âgée de 19 ans. Elle est blanchisseuse, issue d’une lignée de blanchisseuses comme ses mère, grand-mères, tantes, grand-tantes, cousines…

Le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, Paris 1874

Louise a-t-elle été conçue de leur nuits de noces ? Si c’est bien le cas, elle est née 15 jours avant terme. C’est bien probable car sa mère semble fertile. Une petite sœur, Clémentine Félicie nait 16 mois après elle, en 1899 à Paris où ils demeurent désormais. Malheureusement cette enfant décède à 1 an 5 mois 15 jours.

J’imagine la douleur de cette jeune mère qui perd son enfant. Son mari lui “offre” un autre enfant. C’est le jeune Lucien Louis De Boé qui nait 9 mois et 11 jours plus tard, fin 1901. Ce bébé de remplacement n’est malheureusement pas une fille. Sa mère n’arrive pas à l’aimer et le rejette. Ce sera tout son malheur et le drame de cette famille.

18 mois plus tard arrive une nouvelle petite fille, Blanche Yvonne qui ne vécut que le temps d’un mois en 1903. Quasiment 2 ans plus tard une nouvelle fille leur est donnée, et recevra elle aussi les prénom de Blanche Yvonne, un nouveau bébé de remplacement.

Ils auront un dernier fils 21 mois plus tard, Maurice George Octave, sur lequel je reviendrai…


Louise vit une petite enfance malheureuse auprès de ses parents. Ils vivent dans un tout petit appartement. Elle est livrée à elle-même pendant que ses parents travaillent et elle doit veiller sur ses cadets.

Mais c’est son frère Lucien qui sera le souffre-douleurs de ses parents et plus particulièrement de sa mère. Est-ce la pauvreté, l’alcool, dans ce milieu défavorisé qui seront à l’origine du drame ? Le petit Lucien vivra un enfer sous les coups de sa propre mère. Des voisins alerteront la police. Sa grande sœur Louise, encore une enfant, tentera de le protéger en quittant la maison.

Des articles de journaux relatent l’affaire, un peu différemment mais le fond est le même…

Le Petit Parisien – 22 juillet 1906 Le Petit Journal – 22 juillet 1906
L’Humanité – 22 juillet 1906 Le Matin – 22 juillet 1906
Le Temps – 23 juillet 1906 Le Figaro – 22 juillet 1906
Le journal 22 juillet 1906 Et mention de leur condamnation: Le Journal – 9 août 1906

Adèle Louise Rigot est détenue à la prison Saint-Lazare, alors prison de femmes.

C’est dans ce lieu qu’elle met au monde son dernier enfant Maurice Georges Octave De Boe. En tant que mère elle devait donc être incarcérée dans la Salle Saint-Joseph.

Prison Saint-Lazare, la salle Saint-Joseph réservée aux détenues mères. Journal L’Illustration du 26 avril 1902.

Elle avait aussi accès sans doute à ce couloir…

Prison Saint-Lazare, couloir desservant les cellules des détenues mères. Journal L’Illustration du 26 avril 1902.

Libérée, ses enfants lui sont rendus. Mais elle s’en prend à nouveau à son fils ! Elle est condamnée cette fois à 1 an de prison. Elle y mourra !

Le Petit Parisien – 8 avril 1910 La Lanterne – 8 avril 1910
L’Univers – 8 avril 1910 Le Petit journal – 7 avril 1910
Le Petit Parisien – 8 avril 1910

Maurice Georges Octave n’a que 3 ans quand meurt sa mère, il est abandonné l’année qui suit, en 1911. Il est indiqué décédé sur le registre des entrées des Enfants Assistés. Son existence ne semble pas avoir été connue de la famille.

Louise qui a 8 ans au moment de cette condamnation est confiée à sa famille ainsi que sa petite sœur. Le pauvre Lucien n’aura pas droit à une 2e chance, il sera placé et devra travailler très jeune. Il restera toute sa vie très attaché à sa grande sœur.

    

Louise Joséphine De Boé et son frère Lucien

Mon arrière-grand-mère épousa juste après la fin de la guerre un cousin maternel, plus exactement un cousin germain de sa mère, Victor José Rahault, qu’elle rencontrait lorsqu’il rendait visite à ses oncle et tante chez qui elle vécut une partie de sa jeunesse. Il s’agit du couple Paul Eugène Astrua et Marie Henriette Lévêque.

Elle était aussi proche de ses oncle et tante paternels Marie De Boé et Jacques Joseph Vanhaeren.

Elle eut 3 enfants de son époux qui la laissa veuve à l’aube de ses 30 ans. Elle assuma leur éducation, vit naitre ses 7 petites-filles et 6 de ses 11 arrière-petits-enfants avant de s’éteindre juste après avoir soufflé ses 83 bougies. Elle vivait alors chez mes parents qui prenaient régulièrement soin d’elle. J’avais alors 5 ans et me rappelle bien d’elle, de son appartement, du charbon dans la cave… Sans doute me parla-t-elle de la famille comme elle l’avait fait avec ses petites-filles car même si je ne m’en souviens pas, d’où viendrait alors mon désir de rechercher l’histoire de ma famille dès avant mes 8 ans ?

À ce jour je n’ai pas trouvé l’ombre du moindre domestique du plus petit noble personnage dans son ascendance… Serait-il à chercher dans l’ascendance de l’oncle par alliance Jacques Vanhaeren ? Ou bien Louise a-t-elle simplement lu dans un magazine un article avec des noms semblables à ceux de sa famille et a-t-elle extrapolé ? Cela reste un mystère…

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