Archives mensuelles : avril 2018

Mulet de La Chambre

Quand on remonte sa généalogie, on rencontre toutes sortes de professions. La France d’autrefois étant très rurale, nombre de nos ancêtres étaient des laboureurs et autres professions de la terre. Mais parfois on rencontre au détour d’un registre de bien étranges professions…

C’est le cas de cet ancêtre du XVIIe siècle Pierre Bourau. Il s’est marié à une nanterroise de souche, Marie Morot (1598-1650) le 13 août 1623. L’année suivante, le 13 octobre 1624 est baptisée sa première fille Jeanne Borau (1624-1692, mon ancêtre) et il choisit pour être sa marraine, sa grand-mère maternelle, Geneviève Plateau, tandis que pour son parrain il choisit Barthelemy Coirin, capitaine des Muletz de La Chambre et Garde-Robe du Roy. Lors du baptême de son fils Leonard Borau le 21 mai 1627, il est qualifié de multier du Roy et le parrain choisi est aussi un multier du Roy, Léonard Bardon, la marraine est une bourgeoise de Paris comme les parrain et marraine de leur dernier enfant Louise Bourau baptisée le 29 juillet 1630.

Lors du mariage d’une de ses fille il est appelé en 1647 “un nommé Ripaille”, je suppose un surnom lié à sa profession. Marie Morot est inhumée à 54 ans le 15 août 1650 à Nanterre femme de Pierre Boureau dict Ripaille muletier.

Les liens avec la famille Coyrin restent étroits puisque on retrouve des membres de la famille parrain ou marraine de ses petits-enfants.

Je me suis donc intéressée et à la famille Coyrin et à cette profession insolite.


Le premier de la lignée que j’ai retrouvé est Estienne Coyrin qui lors de son décès en 1589 à Suèvres était muletier des mulets du Roi de Navarre. Son fils Barthélémy Coyrin se marie en 1595 à Suèvres près de Chambord, Blois,… Il y a 4 enfants en 1596, 1597, 1601 et 1602. Son mariage est réhabilité en 1615 pour parenté avec son épouse. Il y meurt en 1618. Il était comme son fils homonyme, capitaine des mulets et garde-robe du Roy. Barthélémy Coyrin se marie à Blois en 1627. Il était présent en 1624 à Nanterre puisqu’il y est parrain de mon ancêtre. Puis on le perd à Nanterre au profit de son frère Pierre Coyrin qui exerce le même office. Il vit dès lors à Suèvres où il est père en 1628, 1629, 1631, 1632, 1633 et 1635 avant d’y mourir en 1639. Il fut aussi Chef du Gobelet du Roy.

Pierre Coyrin est présent à Nanterre en 1626 et 1627 puis père avec Anne Rambour en 1631, 1633, 1636 et 1638 à Savigny-syr-Braye, plus au nord-ouest de Blois avant de l’être à de nombreuses reprises à Nanterre (13 fois entre 1641 et 1658). Après lui son fils, Gervais Coirin,  capitaine des mulets et garde-robe du Roy, est établi à Nanterre où il est père 14 fois entre 1667 et 1684


Capitaine des mulets et Garde-robe du Roi ? Il s’agit d’un office de la Chambre du Roi, il commande l’équipage, dont les mulets conduits par des muletiers habillés de livrée du roi, escortés par un détachement de troupes, servent à porter les lits du roi et les tapisseries de campagne, avec les coffres de la chambre et de la garde-robe.


À Nanterre, le premier mariage d’un muletier du roi est celui de Loys Castillon le 11 octobre 1616 avec Gillette Vallet, Il décède la 14 août 1639 à 65 ans et elle à 60 ans le 24 août 1648. Ensuite on rencontre de nombreuses mentions:

  • 12.11.1618 mariage d’André Beranger muletier avec Jehanne Jamet,
  • le même jour Barthélémy Riement l’un des Cent-Suisses du roi se marie aussi
  • 21.01.1620 c’est au tour de Anthoine Richer muletier d’épouser Marie Morot
  • 13.09.1627 Léonard Bardon valet des mulets du Roi épouse Marie Jamet veuve de Jehan Philesard aussi muletier
  • 13.11.1629 Jacques Gentil officier des mulets du roy provençal de nation épouse Catherine Lavoine, demi-soeur de Marie Morot précédemment citée
  • 28.10.1635 meurt Genne fille de ? maréchal des mulets
  • 14.02.1641 Charles Catignon garçon des mulets du roi est inhumé
  • 30.08.1641 une petite fille de Pierre Charpentier maréchal des mulets du roi, gendre des trois rois.
  • 26.09.1643 une petite fille au Biar… muletier de chez Mr Corin
  • 16.01.1645 Damien Durand muletier 35 ans
  • 01.09.1645 un petit garçon de Pierre Charpentier maréchal des mulets du roi
  • 15.11.1646 Jehan Flechy dit La Chambre garçon des mulets du roi 32 ans
  • 20.05.1647 Jehan Messac 76 ans ancien serviteur de Me Pierre Coyrin capitaine des mulets de la Chambre et Garde-robe du Roi
  • 29.08.1648 enfant de Jacques Messac muletier
  • 28.12.1652 Pierre Guerin 50 ans muletier

Malheureusement je ne peux consulter les actes de baptêmes entre 1615 et 1624 dans l’immédiat, ils ont été omis du microfilmage et donc de la numérisation.


C’est en réalisant ces recherches sur la famille Coyrin que j’ai retrouvé la piste de mon Pierre Bourau ! Un peu au hasard, je fais une recherche sur Généanet avec le patronyme Bourau dans le Loir-et-Cher et quelle n’est pas ma surprise de découvrir une naissance en 1595 d’un Pierre Boureau à Suèvres justement ! Pour en avoir le cœur net, je m’intéresse alors à ce Pierre et sa famille. Les Boureau sont présents à Suèvres dès le début des registres en 1578.  Pierre Boureau est le file aîné du couple Pierre Boureau et Jehanne Le Roux. Ils ont un autre fils en 1598 puis une fille en 1600. Le père décède prématurément 1601. La mère se remarie 5 ans plus tard à Noël Rousselin et en a 2 filles en 1607 et 1612 qui sont toutes deux liées à la famille Coyrin ! Perrine est la filleule de Marguerite Duboys épousée en 1595 par Barthélémy Coyrin, Marguerite est la filleule de sa fille Marie Coyrin âgée de 11 ans. Six années plus tard, Jehanne Le Roux est à nouveau veuve. La famille Coyrin protège et entraine sans doute son aîné dans la profession de muletier du Roi. Jehanne Le Roux meurt à Suèvres en 1627 après avoir marié sa fille aînée qui lui survivra peu. L’une de ses cadettes s’établira aussi à Suèvres tandis que Pierre Bourau dit Ripaille ne quittera plus Nanterre comme certains membres de la famille Coyrin.

Il s’avère après dépouillement du registre que son épouse Marie Morot avait épousé en premières noces Antoine Richer également muletier du roi le 21 janvier 1620 mais il la laissa veuve au bout de presque 3 ans et c’est alors qu’elle épousa mon ancêtre.

Les nobles Mahieu

 

 

 

 

Armes: de gueules, à trois grosses plantes d’ail, 2 et 1, et dix grains d’ail fleurissant en orle, le tout d’argent.

En remontant mon ascendance normande, comme je l’ai déjà indiqué, j’ai trouvé des branches nobles. Parmi elles, la famille de Mauconvenant m’amène vers les Mahieu. Famille difficile à remonter en vérité !

Heureusement, avant la destruction lors de la Seconde Guerre mondiale de nombreuses archives, des historiens avaient relevés certaines choses fort intéressantes.

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Des métiers de verrerie

Des métiers de verrerie

À Paris, en 1809 naît la petite Marie Jeanne Adèle Soels.

Son père, âgé de déjà 65 ans, est un belge installé à Paris depuis plus de 35 ans. Garçon tailleur d’habits, il épouse la fille de son défunt patron en 1774 et prend la suite de son beau-père. Sept ans plus tard, ils se séparent et divorcent au tout début de la Révolution, dès que cela leur est possible.

Il se remarie en l’An IV. A nouveau divorcé ou veuf, il se remarie avec Monique Blandin. Qui était-elle ? Tout reste à découvrir. Avec sa dernière épouse il a donc une fille puis deux ans plus tard un fils. Il meurt à 73 ans alors que ses enfants n’ont que 8 et 6 ans.

Marie Jeanne Adèle Soels exerce la profession d’émailleuse. Elle est mariée à 17 ans à un serrurier. De leurs sept enfants, seulement trois survivront. Le fils sera serrurier comme son père et la fille aînée, souffleuse de perle.

Mais qu’est-ce donc qu’une émailleuse ? Qu’une souffleuse de perle ? Voyons cela en détails.

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